LE CERCLE MIXTE

DE LA GARNISON DE STRASBOURG

 

HISTORIQUE

Entre 1251 et 1270 est édifié, en bordure du marché aux chevaux, (de nos jours la place Broglie) un couvent franciscain consacré à Sainte Claire : les Clarisses, ou religieuses de Sainte Claire. Il est destiné aux demoiselles de qualité, en ce temps on n'entre pas toujours en religion par pure vocation, religieux et religieuses sont souvent des fils ou des filles de famille à l'avenir incertain.

En 1399, les sťurs Adélaïde et Agnès de Bischheim vendent à la ville la propriété paternelle entre l'église Sainte Claire et la rue de la fonderie et le vieux mur de l'enceinte. Déjà en 1399, les bâtiments accolés au mur du couvent et à l'ancienne tour des juifs, à peu près à l'emplacement du théâtre municipal, sont utilisés comme ateliers de fabrication de catapultes, de balistes et autres engins de guerre. Au milieu du 16ème siècle, ces ateliers agrandis de trois cours servent d'entrepôt de quelques pièces d'armement et de carnaval, de lances de carrousel et même une mâchoire de cachalot. Tout ce bric à brac vient du "Werkhof " l'arsenal du Marais Vert (de nos jours le "Centr Hall"). Avec l'arrivée de la Réforme, la cathédrale devient un temple protestant et les 40 étendards qui l'ornaient sont déposés dans ces ateliers, qui se transforment en un complexe fonderie arsenal. Mais la fabrication des pièces d'artillerie, a débuté depuis la fin du 14ème siècle au Werkhof. D'ailleurs, Strasbourg était célèbre pour ses canons d'après le dicton de l'époque

L'humour de Nuremberg, l'artillerie de Strasbourg,
La puissance de Venise, la Magnificence d'Augsbourg,
L'or d'Ulm sont célèbres dans le monde entier

Citons la visite de Maximilien 1 er , en 1503, à qui on offrit un superbe canon dit le "Appenzellerin". La guerre de trente ans avec ses calamités, se termine par le traité de Westphalie, l'Alsace est rattachée à la couronne de France, sauf Strasbourg qui reste une république libre jusqu'au 21 septembre 1681. Enfin en 1701 la ville offre à Louis XIV son aide pour la construction d'une nouvelle fonderie, qui lui reviendrait si l'exploitation cesserait.

De pourparlers en décision la construction de la fonderie se termine en 1711, et en 1764, Vaquette de Gribeauval procède aux essais du nouveau canon entre Hoenheim et la Wantzenau. Puis les anciens bâtiments du cercle coté Place Broglie sont transformés en école d'artillerie régimentaire. Une nouvelle guerre éclate, celle de 1870 : Strasbourg partiellement détruite est occupée par les Prussiens et les bâtiments de l'école d'artillerie sont reconstruits et transformés en "Offizierskasinos" (Cercle des officiers de la Garnison). Celui ci bénéficie d'une excellente réputation puisque le samedi 20 septembre 1879 l'empereur Guillaume 1 er y soupe. En 1886, les bâtiments sont révisés, puis en 1918, avec le retour de l'Alsace à la France, les lieux sont à présent le "Cercle militaire des Officiers de la garnison". Chaque arme a sa table où l'on cultive ses coutumes et traditions. Encore une guerre, en 1940 les nazis occupent les lieux et transforment les bâtiments en annexe du théâtre municipal. En 1945, la France revient, le tout est en très mauvais état. Les armées françaises se restructurent, le cercle des Sous-Officiers dans les casernements de l'Esplanade ferme et est remplacé par les nouveaux locaux au 2 rue des Clarisses avec une capacité de 200 couverts, évidemment un bar et 19 chambres, une terrasse, une salle de télévision. Officiellement inauguré le 25 janvier 1968, il accueille les actifs, les retraités, les sous officiers des armées étrangères, ainsi que les familles. Puis les restructurations continuent, le 1er juillet 1999 le Cercle Mixte de la Garnison de Strasbourg regroupent officiers et sous officiers et enfin le 1 er octobre 2006 il récupère les services de restauration et d'hébergement du CFIAR (Centre des Formations Interarmées de Renseignement) de la caserne Stirn ex Ecole Militaire.

Texte de M. René WENDLING